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  • Yes the picture isn’t complete. When I painted it, I hadn’t realize that Bartolomé was mine too...


    In Spanish

    Reivindico

    Esta noche reivindico mi derecho al dolor.
    Sola frente a mi espejo, es conmigo con quien hablo

    Me exijo de una vez por todas abrir los ojos
    Y llorar
    Abrir las manos
    Y llorar
    Bajar los brazos
    Y llorar
    Ponerme de rodillas
    Y llorar
    Tirarme
    Al piso
    Y llorar

    Me obligo a aceptar que yo también puedo ser infeliz
    Sin comparar, sin medir

    Ya sea por su edad
    Su parloteo
    Sus voces
    Sus miradas
    Su presencia efímera
    O por un lazo de familia, de amistad
    Aunque esos niños, una pequeñita y un pequeñito, no hayan estado en mi vida más que por amores interpuestos
    Y que aquella mujer haya sido cercana tan poco tiempo
    Esta noche los reivindico como míos
    No me atrevía a decírmelo
    Ni siquiera a pensarlo
    Rehusando comparar el sufrimiento de una madre con el mío
    Evaluando mi entereza a la medida de la de un padre, de unos abuelos,
    Me consideraba egoísta
    Aventurándome apenas a hablar de su pérdida con un hombre
    Sintiendo mi injerencia desmedida

    Aranza, tus medallas y tu mirada, tu mirada Aranza. Tu equilibrio en la viga y por la vida.
    Bartolomé, dos cumpleaños compartidos, casi. Tu felicidad en las fotos, muchachito.
    Marina, tu diente chueco, tus palabras, tu mirada también. Tu determinación, tu manera de decir te quiero en cada conversación, cada canción, sí, así lo escribo, en cada canción.
    Sin orden de amor, ni de presencia
    Sin orden de vacío
    Ni de ausencia
    Sólo en orden de deceso.

    Es tiempo de abrir los ojos, los míos, sólo los míos
    Y de soltarme, tengo ese derecho
    Por tanto medir mi dolor, he estado midiendo mi vida también

    Entonces si esta noche reivindico mi derecho al sufrimiento
    Es también para darme permiso, un salvo-conducto,
    Un descanso, una escapada al cielo azul
    Un poco de viento en las velas para dejar el muelle

    Y es también para soltarlos, liberarme


    In French

    Je revendique

    Ce soir je revendique mon droit à la douleur.
    Seule devant mon miroir, c’est à moi que je parle.

    Je m’exige une fois pour toutes d’ouvrir les yeux
    Et de pleurer
    D’ouvrir les mains
    Et de pleurer
    De baisser les bras
    Et de pleurer
    De m’agenouiller
    Et de pleurer
    De me coucher
    Par terre
    Et de pleurer

    Je m’oblige à accepter que je peux moi aussi, être malheureuse
    Sans comparer, sans mesurer

    Que ce soit par leur âge
    Ou par leur babillement
    Leurs voix
    Leurs regards
    Leur présence éphémère
    Que ce soit une histoire de famille, ou d’amitié
    Que ces enfants, une petite fille et un petit garçon, n’aient été dans ma vie que par amours interposés
    Que cette femme n’ait été proche aussi que trop peu de temps
    Ce soir je les revendique comme miens

    Je n’osais pas me le dire
    Ni même le penser
    Refusant de mesurer la souffrance d’une mère à la mienne
    Évaluant mon courage à l’aune de celui d’un père, de grands-parents,
    Je me trouvais égoïste
    M’aventurant à peine à parler de sa perte avec un homme
    Et me trouvant d’une ingérence folle

    Aranza, tes médailles et ton regard, ton regard Aranza. Ton équilibre sur la poutre et dans la vie.
    Bartolomé, deux anniversaires partagés, presque. Ta joie sur les photos, petit bonhomme.
    Marina, ta dent de travers, tes mots, ton regard aussi. Ta détermination, ta manière de dire je t’aime à tout bout de chant, oui de chant, je sais ce que j’écris.
    Sans ordre d’amour, ni de présence
    Sans ordre de vide
    Ni d’absence
    Juste en ordre de décès.

    Il est temps d’ouvrir les yeux, les miens, juste les miens
    Et de me laisser aller, j’en ai le droit
    À tant mesurer ma douleur, je mesure aussi ma vie

    Alors si ce soir je revendique mon droit à la souffrance
    C’est aussi pour me donner la permission, un sauf-conduit,
    Un répit, une échappée dans le ciel bleu
    Un peu de vent dans les voiles pour quitter le quai

    Et c’est aussi pour vous lâcher, me libérer
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