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  • In Spanish

    ¿Qué se hace?


    Ella…es cómo tú y como yo…
    Trabaja, es docente de bachillerato de química y biología.
    Lleva un tiempo, no diré si meses o años, porque de todas maneras es una eternidad cuando se vive, lleva entonces un tiempo sufriendo. La fibromialgia se le encaramó y no la suelta.
    Imaginen dar clases cuando no se puede pensar, ni caminar, ni mucho menos sostener un libro…
    Claro que estamos en México, aquí la fibromialgia sí se conoce, se identifica. En el seguro social, los doctores le dieron tratamiento, y al ver que no funcionaba, por una alergia claro, que hubiera sido muy fácil ¿no?, le dieron incapacidad, dos meses, y luego otros dos meses… Entre incapacidades claro que se presenta a trabajar, si no es floja, está enferma.
    A como es nuestro sistema, cuando eres maestro, no siempre tienes plaza cerca de tu casa… Pero a veces se mandan: ella viene de lejos, de otro estado, para presentarse en la capital en el Cetis # 54. Tres veces por semana, enfrenta el tráfico, la distancia, como todos, sí, pero además el dolor de desplazarse y el pánico, sí, porque cuando tienes fibromialgia, la gente, los coches, y las presiones te provocan pánico. Y no, no es invento… Es real, es tangible, es… aterrador.
    Y he aquí lo que vuelve única la situación, aberrante,… indecible.
    Esa escuela como todas tiene director… Un hombre que a pesar de llevar nombre de Ángel, como Miguel, no sabe lo que es escuchar, investigar, indagar. Piensa que ella miente, que inventa, que lo que le gusta es estar tirada en cama llorando de dolor… Ha de creer el hombre que como el león, todos son de su condición… Ese señor Nuñez Perez, de nombre Miguel Ángel, de plano no le cree nada a la mujer. Pobre hombre, haber estudiado para doctor, ser director de escuela, y no ser capaz de aprender…
    Piensa, y dice en voz alta que la incapacidad que le han dado fue chueca, que se pagó algún dinerillo por ahí para obtenerla. Bueno, hasta afirma que la mujer, la que apenas puede respirar cuando está en crisis, con alguien se acostó para obtenerla. No sabe el hombre del dolor que es a veces abrir las piernas, y ofrecer los senos cuando hay amor… Ahora, para obtener una incapacidad...
    Claro, hay que puntualizar que para ese ilustre director de escuela, la fibromialgia no existe. Entonces es obvio que acostarse con alguien tampoco duele… Ni en el cuerpo ni en el honor…
    Y para colmo de colmos, ya ni en el ISSTE, el de División del Norte, en DF, se le cree, alguna coordinadora, que igual es familiar del director, o no sé, frecuenta los mismos lares, afirma también que la fibromialgia no existe, que alguna otra causa habrá para el dolor que siente esta mujer, que le den algún coctelillo de medicinas, total si el dolor no le quitan igual la apendejan lo suficiente como para que deje de quejarse.
    Y yo digo: ¿Qué se hace en estos casos? ¿Cuando el mundo se vuelve una pared? ¿Cuando los que te deberían de apoyar se burlan de ti, te cambian el nombre a puta, o a loca?
    ¿Qué se hace? Se grita, y muy fuerte. Se dice que no. Se patalea, aunque el cuerpo duela, aunque el pánico gane.
    Alguien, alguien tiene que oír… Alguien que sepa, alguien que piense.
    No se vale, así como en el juego del quemado, cuando ya valiste, ya perdiste, no se vale que nadie te quiera salvar, y que las autoridades se dediquen a hundirte.
    Entonces… Pregunto yo en voz alta: ¿Qué hacemos?



    In French

    On fait quoi?

    Elle… Elle est comme toi et comme moi.
    Elle bosse, elle est prof dans un Lycée, chimie et biologie.
    Ça fait un bout de temps, je ne sais pas si des mois ou des années, parce que quand on souffre depuis longtemps, c’est la même chose, ça fait un bout de temps donc, qu’elle souffre. La fibromialgie s’est juchée sur ses épaules et ne l’a plus lâchée.
    Imaginez faire la classe quand on ne peut pas penser, ni marcher, encore moins tenir un bouquin…
    Bien sûr, nous sommes au Mexique, ici la fibromialgie est connue, reconnue aussi. À l’assurance sociale, les médecins lui ont filé un traitement, et quand ils ont vu que ça ne marchait pas, une histoire d’allergie, bien sûr, quand on n’a pas de chance, tout s’accumule, ils lui ont accordé un congé-maladie, deux mois, puis encore deux mois… Entre chaque congé, elle se présente au boulot, elle n’est pas paresseuse, elle est malade.
    Avec le système qu’on se paye, quand tu es prof, tu n’as pas toujours un poste prés de chez toi… Mais parfois, ils exagèrent : elle vient de loin, d’un autre état, pour enseigner dans la capitale au Cetis # 54. Trois fois par semaine, elle affronte la circulation, la distance, comme tout le monde, oui, mais elle a en plus la douleur des déplacements et la panique, oui, parce que quand tu te payes une fibromialgie, les gens, les voitures, et les pressions te provoquent une panique irrépressible. Et non, c’est pas des craques… C’est du vrai, du tangible, du…terrible.
    Et voilà maintenant, ce qui rend cette situation unique, aberrante,… inqualifiable.
    Cette école, comme toutes les autres, a un directeur… Un homme qui a beau porter le nom d’un Ange, comme Miguel, ne sait plus ce que c’est que d’écouter, de rechercher, d’enquêter. Il pense qu’elle ment, qu’elle invente, que ce qu’elle aime, c’est être pelotonnée sur son lit en proie à la douleur… Il a l’air de croire, cet homme, que le monde entier raisonne comme lui… Ce monsieur Nuñez Perez, Miguel Ángel de son prénom, ne la croit pas, absolument pas. Pauvre homme, avoir étudié pour être médecin, être directeur d’école, et n’être pas capable d’apprendre…
    Il pense, et dit à voix haute que le congé-maladie qu’elle a obtenu relève d’une filouterie, qu’elle a dû payer une somme quelconque pour l’arracher. Bref, il affirme même que cette femme, celle qui peut à peine respirer quand elle est en crise, a dû coucher avec quelqu’un pour l’obtenir. Il ne sait pas, cet homme, la douleur qui accompagne parfois les jambes quand on les écarte, et qui brûle les seins que l’on offre pour l’amour… Alors, pour obtenir un congé…
    Bien sûr, il faut faire remarquer que pour cet illustre directeur d’école, la fibromialgie n’existe pas. Alors évidemment coucher avec quelqu’un ne fait pas mal non plus… Ni dans le corps ni pour l’honneur…
    Et comble des combles, même à l’ISSTE, celui de División del Norte, dans le DF, on ne la croit pas, une coordinatrice quelconque, qui est peut-être parente du directeur, ou je ne sais pas moi, qui fréquente les mêmes lieux que lui, affirme elle aussi que la fibromialgie n’existe pas, qu’il doit y avoir une autre cause à la douleur que ressent cette femme, et elle ordonne de lui filer un cocktail astucieux de médicaments, se disant sans doute que, s’ils n’apaisent pas la douleur, ils l’abrutiront assez pour qu’elle cesse de se plaindre.
    Et moi je dis : On fait quoi dans ces cas-là ? Quand le monde devient un mur ? Quand ceux qui devraient t’appuyer se foutent de toi, et t’appellent putain, ou encore…la folle ?
    On fait quoi ? On gueule, et fort. On dit non. On en vient aux mains même si ça fait mal, même si la panique déborde.
    Quelqu’un, quelqu’un doit entendre… Quelqu’un qui saura, quelqu’un qui pense.
    C’est pas du jeu, comme au ballon prisonnier, on n’a pas le droit d’être oublié derrière, c’est pas du jeu quand personne ne veut nous sauver, et quand les autorités consacrent leurs efforts à nous anéantir.
    Alors… Je pose la question, à voix haute : On va faire quoi ?


    Notes
    Cetis : centre d’études technologiques industriel et de services (un peu comme un bac technique)
    ISSTE : c’est l’assurance sociale pour les employés de l’état
    División del Norte : le nom d’une avenue importante dans la capitale
    DF : District Fédéral, la capitale du Mexique
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