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  • In French

    La jongleuse de mots

    Je te cherche partout.
    Je n’arrête pas, dès que j’entends une voix un peu plus grave que les autres, je me retourne, je me dis : « Il est là ».
    Ou alors, comme il y a six mois, je te vois venir vers moi, m’étonnant de ce que tu marches sans canne… jusqu’au moment où tout près de toi, je vois un autre visage que le tien.
    Et encore, il y a deux, trois semaines, à l’hôpital pour Armelle, quand je me suis approchée de l’énorme fenêtre. J’ai cherché un moment parmi les personnes minuscules, là, en bas, plus d’une seconde, moins d’une minute, et me suis dit : « Il n’est pas encore là, qu’est-ce qu’il fabrique ? ».
    Je ne me comprends pas….
    Et là, je ne sais même pas t’écrire… Alors que tu es au cœur de mes pensées.

    Je te cherche partout, je t’attends, et me réveille en larmes quand je me souviens.
    Dans mes rêves, tu viens, tu ne parles pas, non, mais tu observes...
    Et dans ma vie de tous les jours, les larmes me montent aux yeux pour n’importe quoi, je pleure-niche, parce que je ne vais même pas jusqu’au bout de mes larmes, comme si j’en avais honte. Parce que je sais bien que ça ne sert à rien de te chercher, pas comme ça en tous cas. Mais c’est incontrôlable, si quelqu’un frappe à la porte, je cours… Si le téléphone sonne, je cours… Si…
    Et je n’arrive pas à dire ma souffrance, même ici, face à moi. Je me sens nulle de te pleurer encore…
    La jongleuse de mots n’en a pas assez pour dire sa détresse, et se réfugie dans un vertige qui au moins l’empêche de penser. Elle se relit et se trouve vide, nulle, sans mots magiques pour faire pleurer les autres, et au moins ne pas être la seule.
    La jongleuse de mots voudrait se taire, voudrait se cacher au fin fond de son lit, ne rien savoir du monde qui continue, et qui fait chier. Elle a même repris ses pinceaux dans une tentative futile de faire taire cette recherche, cette attente.
    Elle n’y arrive plus… et c’est pourquoi, elle a choisi cette autre absence, la douleur physique, le vertige, le disparaître du quotidien...
    La jongleuse a laissé tomber, s’est laissé tomber.

    Je te cherche partout, je t’attends tous les jours, je prie pour rêver de toi, je te parle, et je me réponds…
    Papa…


    In Spanish

    La malabarista de palabras

    Te busco por todos lados.
    No paro, en cuanto oigo una voz un poco más grave que las demás, volteo, pensando: “Ahí está”.
    O, como hace seis meses, te veo caminar hacia mí, sorprendida de que no uses tu bastón… hasta el instante en que tan cerca de ti, veo un rostro que no es el tuyo.
    Y también, hace dos, tres semanas, en el hospital para Armelle, cuando me acerqué a la enorme ventana. Busqué un rato entre las minúsculas personas, allá, abajo, más de un segundo, menos de un minuto, y me dije: “¿No ha llegado, qué estará haciendo?”
    No me entiendo...
    Y de momento, ya no sé ni escribirte… Siendo que estás en el centro de mis pensamientos.

    Te busco por todos lados, te espero, y despierto, sollozando cuando recuerdo.
    En mis sueños vienes, no hablas, no, pero observas…
    Y en mi vida diaria, las lágrimas me llenan los ojos por cualquier cosa, lloriqueo, porque no voy siquiera hasta las lágrimas reales y fuertes, como si me diera vergüenza. Porque sé perfecto que no sirve de nada buscarte, no así en todo caso. Pero es incontrolable, si alguien toca a la puerta, corro… Si suena el teléfono, corro… Si…
    Y no logro decir mi sufrimiento, aun aquí, frente a mí. Me siento como un cero a la izquierda por llorarte todavía…
    La malabarista de palabras no encuentra las que le sirvan para decir su desamparo, y se refugia en un mareo que por lo menos le impide pensar. Se vuelve a leer et se lee vacía, absurda, sin palabras mágicas para obligar a los demás a llorar, y así, no ser la única.
    La malabarista de palabras quisiera callar, quisiera esconderse en lo más profundo de su cama, no saber nada del mundo que sigue su ruta, y que ¡Ah! ¡Cómo chinga! Inclusive retomó sus pinceles en un intento fútil por callar esa búsqueda, esa espera.
    Ya no puede… Y por eso, escogió esa otra ausencia, el dolor físico, el mareo, el desaparecer cotidiano…
    La malabarista abandonó, se abandonó.

    Te busco por todos lados, te espero todos los días, rezo para soñar contigo, te hablo, y me contesto…
    Papá…
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