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  • In Spanish


    Aquí en México nos estamos muriendo.
    Son, en promedio, 30 muertos por día.
    Y no, no se cuentan los muertos por envenenamiento marital, o por accidentes de carretera, o por machismo… Esos, son una lista aparte.
    Son los muertos del narco, de la guerra contra el narco sí, pero del narco a secas también...
    Y por el mundo, nadie dice nada. Nadie habla de nosotros en los noticieros.
    Y eso… Nos hace morir un poco más, ¿no creen…?
    Porque en realidad, no son 30 muertos al día, son 30 asesinados: torturados, decapitados, quemados, secuestrados y después castrados, despellejados, entambados, como se dice aquí, o sea que te encuentran en un enorme tambo de agua, o de gasolina, o luego también embolsados, salen por las carreteras esas enormes bolsas de basura negras con… basura humana, cuerpos, manos y pies. Las cabezas, andan por otro lado.
    La primera balacera que hubo en mi colonia nos asustó profundamente. Alejé a mis hijos de las ventanas a gritos, pensando en algún lugar seguro para escondernos…. Ahora, ellos ya saben que hacer. Y ahora también, cuando termina el ruido, antes de que lleguen los helicópteros, regresamos a nuestras ocupaciones: ya ni el corazón nos late más de prisa.
    Escribí que en México nos estamos muriendo.
    No es cierto.
    En México, nos están asesinando.


    In French


    Ici, au Mexique, nous mourons.
    Il y a, en moyenne, 30 morts par jour.
    Et non, il ne s’agit pas d’empoisonnement marital, d’accidents de la route, ou de machisme… Ça, c’est une autre liste.
    Ce sont les morts du narco, de la guerre contre le narco oui, mais aussi des narcos tous seuls…
    Et dans le monde, personne n’en parle. Pas un mot aux infos.
    Et ça… Ça nous fait mourir un peu plus, non ?
    Parce qu’en réalité, il ne s’agit pas de 30 morts par jour, mais de 30 assassinats : torturés, décapités, brûlés, séquestrés puis châtrés, écorchés vifs, « entambados » comme on dit aussi, c’est-à-dire qu’on te retrouve dans un de ces énormes bidons d’eau ou d’essence, ou alors aussi « embolsados », ils pullulent sur les routes, ces grands sacs noirs pleins de…poubelle humaine, des corps, des mains, des pieds. Les têtes, elles, se baladent ailleurs.
    La première fusillade qu’on a eue dans le quartier nous a fait très peur, j’ai éloigné mes enfants des fenêtres en hurlant, cherchant un endroit sûr pour nous cacher… Maintenant, ils savent ce qu’ils doivent faire. Et maintenant aussi, quand le bruit termine, avant l’arrivée des hélicoptères, nous revenons à nos occupations : même notre cœur ne bat pas plus vite.
    J’ai écrit qu’au Mexique, nous mourons
    Ce n’est pas vrai.
    Au Mexique, on nous assassine.
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